Mise en avant

Discours de Mounia BENAILI aux vœux de la France Insoumise le samedi 14 janvier

voeux1

Cher-es toute-s et tous,

C’est avec beaucoup de plaisir que nous vous accueillons aujourd’hui pour échanger nos vœux.

Les moments de convivialité et de fraternité, nous devons les cultiver, les protéger. Ces petits moments où nous oublions pour un petit moment les soucis quotidiens, les angoisses personnels, les inquiétudes légitimes.

C’est dans ces moments que nous Insoumis, membre de la France Insoumise, puisons des forces pour continuer la bataille. Dans notre Humanité d’abord. Partager un verre c’est l’occasion de partager un peu d’amour et de bienveillance mutuels.

Mais c’est aussi se rappeler que nous partageons les mêmes aspirations à un peu de bonheur, à la vie douce.

Ici nous ne voulons pas le dernier modèle de 4×4, ni vivre dans un hôtel de luxe, ou encore disposer de 12 maisons avec 26 chambres et son armada de personnel.

Nous ne rêvons pas d’amasser une fortune telle que notre principale préoccupation dans la vie se réduirait à échafauder des stratagèmes pour échapper au fisc, faire des montages financiers pour cacher son tas d’or, déménager sans cesse son foyer pour rejoindre le dernier eldorado fiscal, payer des fiscalistes et des banquiers pour récupérer de l’argent de la poche de ses compatriotes les moins riches.

voeux2

Nous ne rêvons pas de cela, nous ne rêvons pas d’écraser notre voisin pour accéder à cette vie, qui somme toute, ressemble assez à une vie de con. Nous ne sommes pas intéressés à cette compétition, nous ne voulons pas rentrer dans cette guerre de l’argent, qui porte en elle les germes des conflits, vous le savez aussi bien que moi, que lorsqu’il y a une guerre dans le monde, c’est bien souvent qu’il y a de l’or, des ressources naturelles, des intérêts privés, et que la religion ou autre considérations dites ethniques ne sont que des prétextes, des causes exacerbées qui finissent par prendre le dessus dans des endroits ou pourtant les gens vivaient en bonne intelligence et en paix il y a peu.

Non nous ne rêvons pas de tout cela. Nous rêvons des petits bonheurs simples, comme le dit si bien Jean-Luc Mélenchon. Et pourtant Il est devenu tellement difficile d’y accéder.

Une vie de famille, un toit au-dessus de sa tête, un emploi stable, choisi et rémunéré correctement,  du temps pour ses enfants, ses amis, ses parents, l’association du coin, le parti politique ou le syndicat, des vacances, des loisirs, éduquer correctement ses enfants, et la santé pour profiter de tout cela.  Nous rêvons d’un avenir où l’optimisme l’emporterait sur le pessimisme. Aujourd’hui tout nous angoisse : la nourriture que l’on mange, l’air qu’on respire, les matériau et les ingrédients de nos produits courants,. Chaque chose, chaque geste anodin est sujet à évaluation de sa toxicité, de son influence sur notre santé.

Dans les grands secteurs qui devraient être protégés par l’Etat, et en premier chef l’agriculture, la santé, la recherche, l’énergie, l’eau, l’alimentation… partout les lobbys productivistes ont imposé leurs règles dans la course infinie aux profits, au mépris de la vie humaine mais aussi de la biosphère.

Le nombre de millionnaires augmentent, et le nombre de pauvres augmentent proportionnellement. Bien sûr qu’il y a un lien entre les deux. C’est la même équation. Pour qu’il y en ait qui s’engraissent, il faut qu’il y en ait qui trinquent, et quoi de mieux que la précarité généralisée, la peur viscérale du lendemain, pour couper toute idée de résistance et forcer à l’obéissance au système. Et imposer l’idée fataliste qu’il n’ya pas d’alternative.

L’idée même de démocratie a été piétinée. La réforme territoriale, la désorganisation institutionnelle ont coupé les citoyens des lieux de décisions. Quelle confiance peut-on avoir en une classe politique qui fait le contraire de ce pourquoi elle a été élue.

voeux3

Vous les avez vu lors des primaires que ce soit celle de droite ou celle du PS, promettre ce qu’ils n’ont pas fait en 30 ans de pouvoir ! Non parce qu’ils ne LE pouvaient pas ! Mais parce qu’ils NE LE VOULAIENT PAS . Ils ont délibérément choisi de servir les intérêts privés et financiers plutôt que ceux des citoyens.

Corruption, accointance, conflits d’intérêts ont terni la République. Alors qu’on condamne facilement à de la prison ferme un sdf qui vole pour se nourrir, des salariés qui craquent pour une chemise arrachée, la justice oublie les puissants. Une justice de classe qui ne prend même plus la peine de se cacher.

C’est de tout cela dont nous ne voulons plus. C’est le sens de la candidature de Jean-Luc Mélenchon le porte-drapeau des insoumis que nous sommes.

Nous disposons d’un programme crédible, réaliste mais qui NOUS fait rêver.

Il est organisé autour de 6 grands axes pour répondre aux urgences mais aussi aux défis de notre espèce.

Pour répondre à l’urgence démocratique, nous lancerons la 6ème République. Dès notre élection, nous convoquerions une Assemblée constituante, élue par les citoyens, pour écrire cette nouvelle constitution dont nous avons besoin. Une constitution nouvelle, qui protégerait les droits humains les plus sacrés, l’accès à l’eau, à l’air, à l’énergie, au logement, à la santé, à disposer librement de son corps. Une constitution qui protégerait la biosphère et qui interdirait d’épuiser les ressources de la terre en y introduisant la règle verte.

Les citoyens garderont le contrôle, ils auront le droit de licencier leurs élu-es à tous les niveaux des lieux de décisions, s’ils ne respectent pas leurs promesses, en cas d’affaires ou de corruption, avec le droit de révocation des élus.

Pour répondre à l’urgence sociale, nous devons protéger les uns et les autres. Il ne doit plus y avoir de pauvres, de salariés qui dorment dans leur voiture. L’objectif de zéro SDF est un objectif humain. Pour protéger, il faut partager. Partager les richesses qui sont nombreuses mais concentrées dans les mains d’une poignée de parasites.

avenir

Face à l’urgence écologique, il nous faut planifier la transition écologique, le long terme, le temps long des grands projets d’avenir pour l’humanité comme l’économie de la mer, ou le numérique. A la spéculation de la finance, nous opposons la planification écologique, pour mettre fin au productivisme qui nous tue et tue notre planète, dont le moteur est la souffrance humaine et la souffrance animale. Au rendement infini générateur de frustrations, nous opposons la sobriété heureuse.

Nous devons opposer le progrès humain face à la Grande Régression avec de nouveaux indicateurs de progrès humain et non pas de croissance : l’espérance de vie et la santé sont des indicateurs de bonheur humain, plus que les courbes du Nasdaq ou du CAC 40. Comme mesure emblématique, nous ferons la sécurité sociale intégrale !

On ne peut songer à faire le début du commencement de notre projet, sans mettre un coup de pied dans le ronron austéritaire de l’Europe, cette Europe des arrangements entre amis, tenue par les financiers et les lobbys. C’est eux qui tiennent la plume des commissaires européens. Sortir des traités européens, nous le ferons de quelque manière que ce soit. L’Europe on la change ou on la quitte.

Notre indépendance et notre souveraineté ne peuvent plus être abandonnées aux diktats de l’Europe, pas plus qu’à ceux de l’OTAN et des Etats-Unis. Pour construire la paix, nous devons reconstruire une défense indépendante, sortir de l’OTAN, être moteur pour faire respecter et respecter le droit international. La paix et non les stratégies géopolitiques de contrôle des pipe-lines ou de ressources naturelles doivent être notre fil rouge pour faire la paix partout dans le monde, de la Syrie, en Palestine.

Pour porter ce projet, nous avons besoin de chacun d’entre vous. Fourmis, abeilles, colibris… Qui que vous soyez, nous sommes les ouvriers d’un monde que nous voulons changer.

Très belle année à vous, très belle année à nous.

Partager
Mise en avant

La sécurité pour tous, un droit, une exigence

11624790
Dans la nuit de samedi et dimanche, un quartier sur le Plateau de Juvisy-sur-Orge a été saccagé par une bande armée de barres de fer, de battes de baseball et de machettes, terrorisant les habitants et menaçant de mort un père de famille.

Ces violences d’une extrême gravité sont intolérables. Nous partageons l’émotion des riverains et des familles qui ont dû affronter cette épreuve.
Depuis trop longtemps, la prévention en matière de sécurité est abandonnée. La suppression de la police de proximité, et l’avènement d’une conception où les forces de l’ordre doivent se concentrer sur le flagrant délit et la politique du chiffre ne favorisent en rien la sécurité des habitants.

La multiplication des caméras de video-surveillance est inefficace. Non seulement, les caméras n’empêchent en rien les actes délictueux de se produire, elles permettent tout au mieux de les déplacer. Mais de plus, elles n’enseignent ni le respect, ni la vie en commun, ni l’empathie à ceux qui peuvent basculer dans la délinquance.

Or c’est de cela dont notre société a besoin : il faut donc remmtre l’éducation et la prévention au cœur du projet de sécurité, il faut plus d’éducateurs mais aussi de fonctionnaires de police nationale sur le terrain, afin de prévenir les actes de délinquance, et d’agir rapidement et efficacement lorsque ceux-ci surviennent. Pour ce faire, il faut commencer par augmenter les capacités du commissariat de Juvisy-sur-Orge, qui couvre Juvisy, Viry-Châtillon et Grigny, et construire un deuxième commissariat.

Ainsi, nos soutenons les propositions de bon sens de la France Insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon :

  • de recruter des agents administratifs pour libérer les policiers et les gendarmes aptes à aller sur le terrain, mais qui travaillent sur des postes administratifs
  • ramener les effectifs de police et de gendarmerie à ceux de 2007
  • Lancer un plan de rénovation et de construction de commissariats de police pour lutter contre le délabrement du bâti et l’abandon de certains territoires
  • Réhabiliter la police de proximité en refondant les objectifs de polices municipales et affirmant la distinction entre les missions nationales et locales

La sécurité des habitants se fait d’abord et avant tout par des femmes et des hommes sur le terrain.

Pour la France insoumise
Savigny-sur-Orge, Juvisy-sur-Orge, Viry-Châtillon, Athis-Mons, Paray-Vieille-Poste
Mounia BENAILI et Vivien REBIERE

Partager
Mise en avant

Entretien avec Paul Ariès, bientôt en conférence dans nos villes, sur le thème de l’alimentation

Une histoire politique de l’alimentation

Entretien avec Paul Ariès à l’occasion de la sortie de son livre

Une histoire politique de l’alimentation du paléolythique à nos jours (Max Milo).

sans-titreLes Zindigné(e)s : Paul Ariès, vous publiez un ouvrage que nous étions nombreux à attendre… puisque vous nous en parliez depuis plus de vingt ans et qu’il correspond largement aux enseignements que vous donnez en histoire, sociologie et psychanalyse de l’alimentation… Depuis vingt ans, des urgences politiques, donc éditoriales, vous obligeaient à faire d’autres choix, alors que tout était déjà là, et à ne pas prendre les six mois nécessaire pour finaliser ce qui, à vos yeux, est sans doute le plus important. Les désillusions politiques ont donc parfois du bon… car elles vous ont permis de prendre du recul et le temps nécessaire pour ce retour aux fondamentaux de l’alimentation donc de l’histoire. Pourquoi écrire une histoire politique de l’alimentation, certes savoureuse mais tout de même sacrément copieuse, puisqu’il vous faut 450 pages pour construire cette grammaire politique de l’alimentation. J’avoue qu’après vous avoir lu je ne mangerai plus comme avant… Disons que je sais un peu mieux ce que manger veut dire…

 

Paul Ariès : Beaucoup d’histoires de l’alimentation existent mais pas d’histoire politique, comme si nos façons de faire société, de régler nos conflits, de choisir qui sont nos amis et nos ennemis, de déterminer ce que nous considérons nous être commun, n’interféraient pas avec nos conceptions

de l’alimentation et nos façons de passer ou de ne pas passer à table, avec nos définitions, toujours changeantes, qui permettent de dire qui a droit de participer au banquet, qui doit recevoir plusieurs parts, une pleine part, une demi-part, voire une mauvaise part.

 

Les Zindigné(e)s : vous écrivez aussi que l’humanité s’est humanisée à travers sa table et qu’elle pourrait fort bien se déshumaniser en déshumanisant sa table.

Paul Ariès : l’humanité s’est humanisée à travers sa table en interposant entre elle même

et ce qu’elle mange et boit toute une série de choix (entre ce qui est consommable et ce qui ne l’est pas, entre ceux qui ont droit au banquet et les autres, entre divers modes de cuisson, etc.), de valeurs (entre celles reconnues aux divers aliments et aux diverses façons de cuisiner, d’assaisonner, de manger), d’objets (du bâton à fouir à la broche et à la marmite), de savoirs et de savoir-faire (en matière de chasse et de cueillette, de stockage, de conservation, d’assaisonnement, de cuisson), de cultures (des cultures populaires aux cultures aristocratiques en passant par les aspects religieux ou scientifiques), de rituels (domestiques, religieux ou politiques), transformant ainsi les nutriments, qui concernent le seul corps biologique, en aliments. L’histoire de l’alimentation est donc d’abord celle de cette mise à distance, de cette ritualisation et symbolisation qui concourent au vivre ensemble.

L’humanité pourrait tout aussi bien se déshumaniser en déshumanisant sa table. Nous n’avons toujours pas appris, en plusieurs millénaires, à garantir le droit au banquet à l’ensemble de l’humanité, ce qui supposerait de concevoir une nouvelle symbolique, une nouvelle ritualité, d’autres pratiques. Au contraire, nous mangeons de plus en plus n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand, n’importe où, avec n’importe qui et pour n’importe quelle raison. Nous n’acceptons plus que la communauté puisse avoir son mot à dire sur nos façons de manger, et déjà de gaspiller, car nous ne savons plus ce que manger veut dire. Nous nous imaginons, contre tout ce que nous apprend l’histoire de l’humanité, que la table serait une affaire individuelle dont nous n’aurions pas à rendre compte ni anthropologiquement, ni socialement ou culturellement, ni, bien sûr, politiquement.

 

Les Zindigné(e)s : Pourquoi une histoire de l’alimentation ?

Paul Ariès : Notre siècle ne fait pas exception : son principal défi n’est pas la conquête spatiale mais de savoir comment nourrir 8 milliards d’humains sans détruire les écosystèmes. L’histoire aurait dû, à ce sujet, nous vacciner contre une double illusion, hélas meurtrière. Celle selon laquelle la table d’aujourd’hui serait nécessairement mieux que celle d’hier et forcément moins bien que celle de demain. L’histoire de l’alimentation dément cette conception faussement progressiste : on mourait moins de faim dans l’Egypte des pharaons que sous Louis XV, et les mangeurs préhistoriques

accédaient à une nourriture plus diversifiée que les Français du XIXe siècle.

 

Les Zindigné(e)s : Vous avez conscience que vous prenez un peu les lecteurs à contre-pieds…

Paul Ariès : L’histoire de l’alimentation n’est pas celle d’une longue marche triomphante vers un mieux, mais celle de conflits d’usages, avec l’alternative de mutualiser les stocks ou de laisser une minorité se les approprier, ou le choix entre détruire les châtaigneraies pour favoriser les pommes de terre ou le froment, et laisser le peuple vivre bien, à sa façon. En effet, les puissants n’ont pu imposer leur conception de l’agriculture et de l’alimentation qu’en interdisant au plus grand nombre, souvent brutalement, d’autres façons de manger et donc aussi de vivre. Nous ne sommes pas en mesure de dire ce qu’aurait été l’histoire de l’alimentation si ces autres choix populaires avaient été respectés. Les puissants (chefs de tribus, seigneurs, rois, aristocrates, bourgeois capitalistes) ne sont parvenus à leurs fins qu’avec le soutien des religions, et notamment, nous concernant, avec l’appui de l’Eglise catholique, toujours prête à dénoncer les prétentions des pauvres à vouloir manger aussi bien que les riches…Le péché de gula (« gourmandise ») est d’abord une arme de guerre contre les pauvres et non contre les riches.

 

Les Zindigné(e)s : vous écrivez aussi qu’il faut faire le deuil d’une autre illusion : l’idée que le « progrès technique » et que les innovations en matière agricole seraient à même de répondre aux espoirs.

 

Paul Ariès : Nos ancêtres se sont bercés de telles illusions depuis les grandes réformes de l’Antiquité jusqu’à la monarchie absolue et la Révolution. La pomme de terre républicaine n’a pas plus émancipé l’humanité que le pain moyenâgeux ou, demain, les biotechnologies alimentaires. Ce n’est pas par hasard si le XIXe siècle « progressiste », dont la mémoire collective n’a retenu que la légende dorée des grands gastronomes, fut un siècle particulièrement noir en matière d’alimentation populaire avec ses projets immondes de nourrir le peuple en utilisant tous les rebuts de l’industrie. Même dans la Grèce antique, les esclaves avaient droit aux délices du vin doux et à des banquets (rarement tout de même) pour honorer leurs morts ! La commensalité eut longtemps pour conséquence de rappeler aux humains qu’ils doivent tous, obligatoirement, manger et boire. Le capitalisme ayant inventé, avec son fonctionnement spécifique de l’argent, une autre équivalence générale entre les choses, Comus et Bacchus se sont trouvés rabaissés, pour ne pas dire simplement désacralisés.

 

Les Zindigné(e)s : Vous écrivez que faire une histoire de l’alimentation, c’est témoigner de cette profanation du vivant

Paul Ariès :  On peut parler en effet de profanation du vivant lorsque les sociétés ne se pensent plus comme nourricières, lorsque les enrichis ne perçoivent même plus ce qu’il y a d’immoral dans leurs excès et dans la démesure de leurs gaspillages alimentaires (estimés à 40 % de la production), lorsque les dirigeants n’imaginent plus ce que pourraient être des politiques alimentaires, alors que les Anciens avaient su déployer durant des siècles des lois somptuaires pour que les excès des uns ne privent pas les autres, et des lois annonaires pour garantir l’approvisionnement de tous et de

chacun. La Révolution française n’est pas née ainsi d’une mauvaise récolte, mais de l’abandon par les puissants de cette « économie morale » que le peuple n’a jamais cessé d’appeler de ses vœux et qu’il appliquait parfois de force lors des réquisitions de grains et des ventes au juste prix.

 

 

Les Zindigné(e)s :  Pourquoi une histoire politique de l’alimentation ?

Paul Ariès ; L’alimentation a été l’un des domaines où s’est forgée cette dimension humaine à laquelle on donnera bien plus tard le nom de politique. En effet, la politique exista bien avant la démocratie grecque et ses fameux banquets. J’aimerais convaincre le lecteur qu’on peut parler de politiques

alimentaires dès la préhistoire et que les choix faits ne furent pas moins intéressés et passionnés que les nôtres. La politique ne naît donc pas avec les premières cités-Etats, comme Babylone, mais avec les grandes chasses, avec le stockage des denrées, avec les premiers banquets végétaux. Cette histoire témoigne d’un bricolage avec parfois des avancées foudroyantes, mais aussi des reculs durables. Ce bricolage a permis de faire vivre quelque chose qui dépasse le cadre des relations familiales, tribales et de simple voisinage. On fera toujours du neuf avec du vieux dans ce domaine, et on bricole à partir d’un « déjà-là ». La commensalité, qui a un sens précis dans le contexte familial, prend ici un autre sens. D’affaire privée, la maîtrise du feu devient l’un des

fondements d’une communauté politique qui s’invente, serrée autour d’un commun. Ce n’est d’ailleurs pas tant la communauté qui se serre autour de son feu que ce foyer commun qui crée la communauté, comme ce n’est

pas la communauté qui partage un banquet, mais ce banquet qui crée la communauté en tant que corps politique. En même temps, la politique, c’est la constitution de cet espace commun, soustrait aux seules logiques privatives, et la mise au point de modalités particulières de le gérer. La politique fut d’abord une banale affaire alimentaire avant de devenir cette chose abstraite qui exclut le plus grand nombre. Politique, l’apprentissage de la coopération, peut-être déjà au niveau

de la cueillette, et, de façon certaine, avec les grandes chasses. Politique, la définition de territoires de cueillette et de chasse à défendre contre d’autres tribus ou contre les prédateurs. Politique, l’apprentissage de la sécurité collective avec la constitution de réserves et l’invention de méthodes variées et efficaces de gestion des stocks alimentaires. Politique, la maîtrise du feu comme fondement des futurs biens communs et des futures cités. Politique, l’invention de la commensalité car elle suppose de faire des choix en matière de répartition des morceaux, mais aussi en termes d’alimentation (ou pas) des plus faibles. Politiques, les premiers repas hospitaliers à la

fonction diplomatique certaine ainsi que les premiers banquets funéraires ou sanglants. Que la politique se soit inventée avec des affaires de table, notamment, n’est pas si étonnant puisque la table est, comme la politique, une affaire de mélange (des peuples, des valeurs, des coutumes dans un cas, des arômes, des épices dans l’autre). Les Grecs anciens le savaient bien, qui obligeaient à toujours mélanger son vin avec de l’eau.

 

Les Zindigné(e)s : Pourquoi une histoire nationale de l’alimentation alors que vous sait passionné par la table chinoise ou hindoue ?

Paul Ariès : Certes, l’histoire de l’alimentation est universelle, mais on ne peut la rendre intelligible qu’en acceptant de la circonscrire dans des territoires à chaque fois particuliers, tant sur les plans climatique, géographique, culturel, social que sur le plan politique. La France, dans son histoire, entretient un

rapport spécifique à sa table parce qu’elle est, plus que d’autres, une nation politique. Etudier l’histoire politique française de la table, c’est se donner le maximum de chance de comprendre cet entrelacement du politique et de la nourriture, tel qu’il travaille toutes les sociétés, chacune à sa manière. Convoquer la longue durée, et même la très longue durée, est donc nécessaire puisque la table française reste tributaire des tables antiques bien au-delà du fameux triangle pain-vin-huile et de la tradition des banquets. Ce qui caractérise la table française, c’est ce rapport, toujours continué et renouvelé, entre contenu de l’assiette et politique, entre manières de

table et politique, entre (contre-)utopies et politique, et ceci, de l’époque gallo-romaine à celle de l’empire carolingien, de la féodalité à la monarchie absolue, de l’humanisme de la Renaissance à celui de la philosophie des Lumières, de la Révolution de 1789 au xixe siècle, le « siècle noir ».

 

Les Zindigné(e)s : vous écrivez que le danger aurait été de faire l’histoire politique de l’alimentation des seuls puissants, évacuant ainsi le point de vue, également politique, du peuple sur les affaires de table.

 

Paul Ariès : Le peuple, loin d’être silencieux, est même plutôt têtu au cours des siècles, allant toujours chercher dans les mêmes directions les solutions aux questions alimentaires… Cette histoire populaire de la table a pourtant toujours été dépréciée, au point de ne retenir que le point de vue des puissants (et des savants), y compris sur des mesures souhaitées et revendiquées par le peuple. Les gens ordinaires n’ont pas principalement souhaité manger la même chose et de la même façon que les puissants, il faudra beaucoup de souffrances pour les faire renoncer à leurs propres conceptions et pratiques de table. La haine des distributions alimentaires  gratuites, toujours recommencées depuis la Rome antique, en est un autre bon symptôme.

 

Les Zindigné(e)s : vous conviez vos lectrices et lecteurs à un très long voyage gastronomique puisqu’il  nous conduit jusqu’à la préhistoire où vous évoquez non seulement le contenu de l’alimentation mais aussi la façon de manger. Vous parlez notamment des banquets végétaux bien peu connus. Vous expliquez le passage du paléolithique au néolithique non pas comme une évolution naturelle et pacifique mais comme un coup de force contre les populations indigènes…  Pourquoi ce besoin de remonter si loin dans le temps ?

 

Paul Ariès : j’ai voulu remonter jusqu’à la préhistoire, d’abord par gourmandise, pour déconstruire les idées reçues, mais aussi parce que remonter loin est le meilleur chemin pour parler de demain car cela permet d’entrevoir des invariants.

 

Les Zindigné(e)s : Vous présentez votre livre à la façon de la vieille table française en proposant, en guise de chapitres, 13 services successifs, mais dans lequel chacun(e) peut puiser à sa guise : les tables préhistoriques, la table mésopotamienne, la table égyptienne, la table grecque, la table romaine, la table gauloise, la table mérovingienne, la table carolingienne, la table clérico-féodale, la table de la monarchie absolue, la table républicaine, la table bourgeoise et enfin les tables industrielles du xxe siècle et du début du xxie siècle. Pouvez-vous pour les lecteurs des Zindigné(e)s nous résumer votre propos ?

Paul Ariès : J’ai pu établir au fil de cette histoire politique de la table que ce qui se joue autour de l’alimentation

est autant une histoire d’amour que de désamour de l’humanité. Nos plus anciens ancêtres étaient déjà pleinement des humains au regard de leurs pratiques alimentaires, leur alimentation était beaucoup plus diversifiée qu’on choisit de la croire : ils assaisonnaient les denrées, ils mangeaient des

symboles, ils aimaient déjà le gras, ils cuisaient leurs aliments bien avant de maîtriser le feu, ils savaient stocker de façon savante, ils organisaient des festins carnés ou végétaux selon les périodes, des festins funéraires, etc. Tout commença à mal tourner lorsqu’une minorité prétendit être la seule à pouvoir communiquer avec les morts et s’appropria les stocks, les beaux morceaux, les premières boissons enivrantes, excluant le plus grand nombre du droit au banquet. Cette minorité fit des festins autant d’occasions de se jeter des défis, d‘entrer en compétition pour prouver qui dominait les autres. Nos lointains ancêtres ont fait ainsi de la table un enjeu mais aussi un moyen politique. L’humanité, qui a vécu pendant la quasi-totalité de son histoire, de chasse et de cueillette n’était pourtant pas obligée de passer à l’agriculture et il fallut la colonisation de hordes venues de l’est du continent pour que les indigènes se soumettent à ce nouveau mode de vie. Les sociétés protohistoriques qui se développèrent bientôt en Orient n’inventèrent pas le plaisir de la table, mais beaucoup plus banalement la politique faite cuisine et la cuisine faite politique. Le séparatisme alimentaire des puissants ne cessera plus jamais de se développer depuis la constitution des premières cités-Etats, au point que la table prêtée aux dieux dans les légendes n’est qu’une copie des pratiques de table de ceux qui étaient parvenus à dominer les autres. Le pouvoir et la richesse se dirent de façon native à travers des banquets réservés aux puissants mais aussi à travers l’obligation, peu à peu admise, de nourrir à ses frais le petit peuple. Il ne faut pas cependant avoir une vision misérabiliste de l’alimentation du peuple à Sumer, à Babylone, dans la Mésopotamie, qui connurent moins de famines chroniques que la modernité. C’est pourquoi ces civilisations inventèrent toute une

grammaire de l’alimentation qui leur subsistera, avec le système des rations ou des champs alimentaires, avec le duo pain/eau puis pain/bière, avec l’opposition croissante entre les aliments des riches et des pauvres.

 

Les Zindigné(e)s : vous dites que notre alimentation est toujours tributaire de celle de l’antiquité.

Paul Ariès : L’Egypte fut la première civilisation à concevoir sa table comme un véritable langage  au point qu’un même hiéroglyphe signifiait manger et parler. On lui doit encore beaucoup de nos symboles alimentaires. La Grèce introduira la notion de partage entre égaux, au point qu’un même mot signifiait manger et partager et que participer au banquet valait

citoyenneté. La société qui inventa la démocratie moderne fut celle qui poussa le plus loin possible l’art du banquet, inventant une cuisine du sacrifice, élaborant des rituels. Les façons de passer à table, de s’asseoir ou de se coucher, de découper la viande, de faire circuler la parole avec le vin, de prôner le mélange vin/eau mais aussi d’autres denrées, constituent un langage qui sert à dire que diviser et unir la société se fait dans un même mouvement. La Rome antique hérita bien sûr de la grammaire alimentaire de l’Egypte et de la Grèce, mais elle apportera cependant une dimension

essentielle en poussant plus loin la notion de plaisir. La République et l’Empire développeront des politiques alimentaires aux côtés des politiques agricoles, à travers les lois somptuaires limitant les excès de table, à travers

aussi le principe des distributions alimentaires qui ne se réduisirent jamais au slogan panem et circenses (« du pain et des jeux »). La grammaire alimentaire, dont nous sommes encore largement les dépositaires, fit un bond considérable durant toute la civilisation romaine avec sa définition du statut politique des aliments, légumes, viandes et pâtisseries avec la pratique du prandium, avec l’importance de la question du pain, avec l’opposition plus politique que culinaire entre grillade, rôti et bouilli. Le convivium romain n’affiche plus certes la dimension politique du symposion grec et les Romains remplaceront le discours sur la frugalité et la simplicité par celui sur l’abondance et le luxe, mais les symboles alimentaires romains sont directement politiques.

 

 

Les Zindigné(e)s : J’ai eu le sentiment en vous lisant que les Gaulois savaient déjà dire non à la mal-bouffe..

 

Paul Ariès : La table gauloise choquera les voyageurs Grecs et Romains tant sa grammaire était différente. La vie politique des différents peuples gaulois était totalement rythmée par l’organisation de grands banquets qui pouvaient durer des semaines et réunir des milliers de convives, tant l’aristocratie

avait le devoir non seulement de nourrir sa clientèle (le peuple), mais de gaspiller. Les banquets gaulois ont donc une fonction politique essentielle bien qu’il soit alors interdit de parler politique durant ces agapes et que des magistrats veillaient à cette discipline. Les Gaulois étonneront également

Grecs et Romains, pas tant parce qu’ils boivent leur vin pur, mais parce que, bien qu’étant reconnus comme les meilleurs éleveurs et agriculteurs, ils ont toujours choisi de demeurer, parallèlement, des cueilleurs et des chasseurs… Les Romains prendront appui, lors de la conquête des Gaules, sur les riches Gaulois qui adopteront peu ou prou leurs manières de table

contre celles que conservera alors le peuple des campagnes. Les « collabos » gaulois comme Ausone se feront les propagandistes de la table romaine créant ainsi un véritable clivage entre l’alimentation des nouvelles élites et

celle du peuple.

Les Zindigné(e)s ; vous expliquez que contrairement aux idées reçues l’effondrement de l’Empire romain ne verra pas naître une table « barbare », bien au contraire.

Paul Ariès : La table mérovingienne sera riche et diversifiée

grâce à la chasse et à la cueillette qui viendront compléter agréablement et utilement l’agriculture et l’élevage. Les Mérovingiens aimaient manger et boire mais autrement que les Gallo-Romains et les Francs, nouveaux maîtres du pays qui apportèrent avec eux des traditions culinaires assez singulières. La table conserva sa fonction politique comme marqueur identitaire mais aussi par l’organisation de banquets par/pour un roi, d’abord itinérant, traçant ainsi son royaume. Les anciens et les nouveaux maîtres réalisèrent cependant très vite un compromis politique sur le dos du peuple le renvoyant du côté de la barbarie et se réservant le statut de civilisé. Les barbares ne sont plus en effet ceux qui mangent de la viande

et boivent du lait, mais ceux qui vivent des forêts, des marais et des landes, bref, également de la cueillette et de la chasse. Certains puissants appartenant à la nouvelle religion chrétienne écrivent alors des traités sur la bonne façon de manger afin de combattre ce qui reste du vieux paganisme

gaulois, mais surtout afin de vaincre les hérésies chrétiennes très loin d’être toujours minoritaires en Gaule. L’Eglise va se mettre à prêcher la frugalité au peuple, réservant la gourmandise aux puissants. Sidoine Apollinaire et Anthime se feront même les avocats de la voracité carnée… Un banquet mérovingien sera d’abord le partage d’un cochon, signe

d’identité nationale.

 

Les Zindigné(e)s  : je vous sens moins amoureux des tables carolingiennes…

Paul Ariès : Les tables carolingiennes se caractériseront assez vite par l’abandon du principe du roi nourricier (Dieu pourvoit à tout grâce notamment aux aumônes des riches) et par la haine de la chair… Cette christianisation de la table se fera par la répression des traditions alimentaires populaires : le peuple « christianisé » devra cesser de manger quatre fois par jour, il devra accepter de renoncer à désirer des aliments que l’Eglise dit être au-dessus de son rang, il devra bientôt accepter la

suprématie, contre laquelle il s’insurgera, du pain contre la viande. « Manger chrétien » est austère du côté des puissants, mais du côté du peuple c’est la misère. La seule exception sera le boire « franc-chrétien » avec l’éloge du bon vin français opposé à la mauvaise bière anglaise.

 

Les Zindigné(e)s : Vous écrivez que la table qui suit l’époque carolingienne sera une table clérico-féodale reposant sur une dualisation presque complète de la table justifiée par l’Eglise et les médecins.

Paul Ariès : La table servira à dire la puissance du roi et de

l’Eglise et la petitesse des gens de peu. L’invention du service à la française sera d’abord conçue comme un dispositif politique. La table clérico-féodale marque le passage du prince nourricier au nouveau prince prédateur. La table de la monarchie absolue sera celle d’un Etat cherchant à assurer

son autonomie à l’égard du pape. A la religion gallicane va répondre bientôt l’invention d’une table gallicane fondée sur les contre-modèles que sont les façons espagnoles et britanniques de manger et de boire. Au respect rigide

des préceptes de l’Eglise et de sa condamnation de la gula s’opposeront le « manger naturel » et le « manger rationnel » de la Renaissance puis de la philosophie des Lumières. La recherche de la symétrie et de l’esthétique correspond à une sécularisation. La monarchie absolue n’aura de cesse en

effet d’inventer la « table absolue » avec de nouveaux produits, mais surtout avec une nouvelle mise en scène savante du repas : le service primera alors longtemps sur la cuisine malgré l’art des sauces et la « pâtisserie architecture

». Cette table « absolue » n’a qu’un seul gros défaut, celui

d’abandonner totalement le peuple, en déconstruisant les mécanismes qui permettaient de lui assurer un minimum de subsistances. Le peuple ne cessera jamais de se révolter non pas d’abord parce qu’il avait faim, mais parce qu’il condamnait l’abandon des politiques alimentaires lié au succès

des thèses libérales. Le principe de taxation des tarifs ne cessera plus jamais d’être une revendication populaire. La Révolution française s’explique aussi par ce refus de voir disparaître cette économie morale.

 

Les Zindigné(e)s : vous tirez un bilan ambigüe de la révolution…

Paul Ariès : La révolution tentera d’abord avec/ sous Robespierre de reconnaître le droit à l’existence de chacun, c’est-à-dire d’assurer politiquement, avec les lois sur le maximum, l’approvisionnement alimentaire. On rêve d’une alimentation structurée capable de structurer la pensée, on adopte le repas ternaire, on refuse la cuisine du tiède, celle

du mélange car la table doit se faire pédagogique. Thermidor marquera le retour au libéralisme économique et la victoire définitive de la pomme de terre dite faussement « républicaine » contre la châtaigne, emblème d’une alimentation populaire contre laquelle s’élèvent la bonne société bourgeoise et l’Eglise catholique. Le peuple des villes et des campagnes

doit trimer pour pouvoir manger et non faire la fête.

Les Zindigné€s : vous écrivez que la table bourgeoise du XIXe siècle sera celle d’un peuple livré aux appétits des gros.

Paul Ariès : Le libéralisme économique couplé à l’aveuglement des élites explique les disettes qui frappent encore la France au xixe siècle et la crise du cheptel français, bien pire qu’ailleurs. Certes, le xixe siècle est l’âge d’or de la table bourgeoise, mais il est encore plus celui des contre-utopies alimentaires, lorsqu’on entend faire manger au peuple des os, avec le soutien constant des plus hautes autorités scientifiques et morales. Le xixe siècle sera celui des falsifications alimentaires que dénoncera Paul Lafargue.

On prônera même de rendre le peuple végétarien pour réduire les coûts de son alimentation et pour le « moraliser ». La grande cuisine prospère, mais comme langage des revanchards, et ce n’est pas par hasard que les grands cuisiniers et gastronomes que ce siècle se donnera furent tous des réactionnaires et des contre-révolutionnaires.

Les Zindigné(€)s : le XXe siècle n’est pas votre plat préféré..

Paul Ariès : Le xxe siècle commence seulement véritablement dans le domaine agricole et alimentaire avec la « révolution verte », c’est-à-dire avec l’adoption d’un modèle industriel. S’il résoudra l’approvisionnement alimentaire de ceux qui feront les Trente Glorieuses (mais cela ne signifie nullement qu’une autre agriculture n’eût pas été déjà possible), ce sera au

prix de la fin des paysans, de la destruction des écosystèmes, du pillage du tiers-monde, de la destruction des cultures populaires de la table, et bientôt du retour des grandes peurs alimentaires…

 

Les Zindigné(e)s : que nous réserve le XIXe siècle ?

Paul Ariès : Le xxie siècle naîtra avec le retour des famines, qui viendront s’ajouter à la malnutrition frappant toujours plus de 1 milliard d’humains, non plus en raison du climat, mais des choix politiques occidentaux d’agriculture et d’alimentation reposant sur l’extractivisme, les pétroaliments, les spéculations sur les matières premières agricoles, la concurrence déloyale d’une agriculture subventionnée au Nord contre celle des petits paysans abandonnés du Sud… L’humanité se trouve donc à la croisée des chemins : soit elle poursuit les tendances actuelles vers toujours plus d’artificialisation des denrées et vers la déstructuration de la table et elle inventera une agriculture sans élevage,

grâce aux substituts de viande, et une alimentation sans agriculture digne de ce nom avec la généralisation des fermes verticales, soit elle choisira de reconnaître le droit à la souveraineté alimentaire et développera une véritable agroécologie reposant sur les savoir-faire de 1 milliard et demi

de petits paysans. La seule façon d’assurer la transition écologique et donc également l’égalité sociale est de marier des politiques alimentaires qu’il nous faudra réinventer à des politiques agricoles à révolutionner. Nous devons tirer en effet toutes les leçons de l’histoire politique de la table pour compenser la diminution nécessaire du gaspillage énergétique (folie de notre époque : nous consommons 10 calories pour produire une seule calorie alimentaire) par un surcroît de culture. Ce n’est pas par hasard que la table des pays économiquement les plus pauvres est souvent la plus riche

sur le plan culturel alors que les nations opulentes ont inventé la junkfood et la malbouffe. Ce choix est éminemment politique car il suppose de repenser la hiérarchie des normes juridiques pour faire toujours primer le droit à l’alimentation (reconnu officiellement dans la Déclaration universelle des

droits de l’homme) sur le droit de propriété lucrative, car il exige d’avancer, grâce notamment aux milliards de repas de la restauration sociale, vers une alimentation relocalisée, resaisonnalisée, moins gourmande en eau, moins carnée, assurant la biodiversité, etc. Nous devons reconnaître que les

cultures populaires de la table, celles qui subsistent comme celles qu’il faudra bien réinventer, tout comme les cultures paysannes, celles qui viennent du passé comme celles qui émergent, sont au cœur de la fabrique de l’humain. La table est donc bien éminemment politique dans ses deux versants :

que mange-t-on ? comment mange-t-on ?, car elle suppose toujours à la fois de dire l’unité dans la division et de construire des communs. Bacchus et Comus doivent donc accéder pleinement à la citoyenneté pour pouvoir demain être à même de nourrir 10 milliards d’humains.

Partager
Mise en avant

Abandon du Grand Stade de Rugby : Bravo Mr Laporte !

Bernard Laporte, nouveau président de la Fédération de Rugby a annoncé l’abandon définitif du projet Grand Stade de Rugby. C’est une excellente nouvelle pour les citoyens.

Nous nous étions opposés d’emblée à ce projet faramineux que nous avions classé dans les Grands Projets Inutiles et Imposés à l’image de l’aéroport de Notre-Dame-des Landes.

Ces Grands projets Inutiles sont présentés comme indispensables pour relancer la croissance, et les décideurs agitent les mirages de retombées économique et en terme d’emploi pour les habitants.

Ainsi, un peu partout sur le territoire français comme ailleurs, surgissent des projets d’aéroport, de centre commerciaux, de nouveaux réacteurs nucléaires ou encore de complexes sportifs.

Hélas bien souvent, ces projets n’ont de retombées que pour les intérêts privés, les Eiffage, Vinci et compagnie… Ceux-là laissent derrière eux l’ardoise aux habitants après avoir aspiré les milliards d’argent public, ils laissent derrière eux des projets écologiquement irresponsables, grignoteurs de terres agricoles ou d’espaces verts.

A l’heure où le mot d’ordre est l’ « austérité », nos décideurs n’hésitent pas à dilapider l’argent public dans des projets climaticides, énergivores et déficitaires, le tout sans le consentement des populations locales, et dont les conséquences économiques vont peser sur des générations de contribuables locaux.

C’est pourquoi nous nous étions opposés à cette aberration du Grand Stade de Rugby à Ris-Orangis. Nous sommes heureux qu’ils soit aujourd’hui abandonnés. Nous félicitons Bernard Laporte.

Nous appelons maintenant les élu-es à réfléchir à un grand projet de terres agricoles biologiques sur les terrains de l’hippodrome, de la base aérienne 217, et toute autre friche, pour une agriculture locale et paysanne francilienne, qui ferait de nos terres un exemple de gestion écologique, et comme contribution à notre souveraineté alimentaire.

Partager
Mise en avant

compteurs Linky : mesdames et messieurs les Maires nous vous appelons à rejoindre les 196 communes qui ont dit NON au nom du principe de précaution.

Aux Maires de Juvisy, Athis, Savigny, Viry et Paray

compteurs Linky : mesdames et messieurs les Maires nous vous appelons à rejoindre les 196 communes qui ont dit NON au nom du principe de précaution.

Voilà plusieurs fois que nous vous interpellons publiquement concernant les compteurs linky. Sans réponse;

Pourtant ces compteurs dits « intelligents ont vocation à se généraliser, alors même que les risques sur la santé et sur l’environnement sont importants notamment à cause des ondes électro-magnétiques dégagées par le compteur – qu’ils entraineraient la suppression de milliers d’emplois à cause de l’automatisation des tâches, et argument économique non négligeable : il est aujourd’hui avéré que l’opération induirait plus de 500 millions de surcoût qui seraient absorbés par la facture des usagers…

Monsieur le Maire, en cette année de la santé, ne négligez pas les retombées de ces ondes sur notre santé. Nous sommes déjà « irradiés » de partout. Ne rajoutons pas des ondes inutiles.

Ces compteurs viendraient en remplacement de compteurs qui marchent très bien. Quelle gabegieéconomique et écologique de se débarrasser des compteurs actuels, qui fonctionnent très bien et ont une durée de vie importante. Au nom de quels intérêts privés les usagers sacrifieraient leur porte-monnaie et leur santé ?

De plus en plus de villes rejoignent le mouvement de résistance contre ces absurdités.

Monsieur le Maire nous vous demandons de rejoindre les rangs de ceux qui luttent pour les intérêts de leurs habitants.

Nous proposons les délibérations suivantes au Conseil Municipal pour refuser ces compteurs dans notre commune :

(à décliner pour avoir 2 délibérations :une pour les compteurs d’électricité, une pour les compteurs de gaz )

Délibération municipale – Refus des Compteurs d’électricité/gaz dits communicants

Considérant que les communes ont pour vocation de servir l’intérêt général, et que les programmes de compteurs communicants visent au contraire à favoriser des intérêts commerciaux ;

Considérant qu’il n’est économiquement et écologiquement pas justifié de se débarrasser des compteurs actuels qui fonctionnent très bien et ont une durée de vie importante ;

Considérant que les compteurs communicants sont facteurs de risques pour la santé des habitants et pour le respect de leur vie privée, le Conseil municipal de Juvisy-sur-Orge :

– rappelle que les compteurs d’électricité appartiennent aux collectivités.

– décide que les compteurs d’électricité/de gaz/d’eau de Juvsiy-sur-Orge, propriété de la collectivité, ne seront pas remplacés par des compteurs communicants (de type Linky ou autre), et qu’aucun système relevant de la téléphonie mobile (GPRS ou autre) ne sera autorisé à s’installer sur ou dans les transformateurs et postes de distribution de la commune.

– demande au Syndicat Départemental d’Énergie Électrique d’intervenir immédiatement auprès d’Enedis/GRDF pour lui signifier que les compteurs communicants ne doivent pas être installés à Juvisy-sur-Orge

 

Voici l’information qu’en tant que Maire vous pourriez adresser aux habitants une fois la délibération adoptée :

************************************************************************************

Information aux habitants

************************************************************************************

Le Conseil municipal a interdit le remplacement des compteurs de la commune par des compteurs communicants.

Ce refus a été suscité pour plusieurs raisons, résumées ci-dessous, dont la principale est le souci de protection de la santé des habitants, à commencer par celle des enfants. En effet, s’ils sont installés, les compteurs communicants émettront ondes et rayonnements dont la prétendue innocuité est fortement contesté par diverses associations comme Robin des Toits, PRIARTEM, le CRIIREM.

D’autre part, accepter un type de compteurs communicant entraînerait forcément à accepter les autres, aboutissant à avoir jusqu’à 4 compteurs (électricité, gaz, eau chaude, eau froide) pour chaque logement, démultipliant ainsi les risques.

Qui plus est, pour exploiter les fonctions des compteurs communicants LINKY, Enedis injecte des signaux dans le circuit électrique des habitations, par la technologie CPL (Courant porteur en ligne). Or, les câbles des habitations n’ont pas été prévus pour cela, ils ne sont pas blindés, et de fait le CPL génère des rayonnements nocifs pour la santé des habitants et particulièrement celle des enfants car ils sont plus vulnérables face aux risques causés par ces technologies.

Il est très important de noter que :

– depuis le 9 février 2015, la loi n° 2015-136 dite « Abeille » interdit le wi-fi dans les crèches et le limite dans les écoles.

– depuis le 31 mai 2011, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe « cancérogènes possibles » (Groupe 2B) les rayonnements issus de la téléphonie mobile, du wi-fi, du CPL, etc.

Par ailleurs, toutes les compagnies de réassurance excluent la prise en charge en Responsabilité Civile des dommages liés aux ondes électromagnétiques. Nous vous suggérons (ci-dessous) quelques mesures simples qui peuvent vous permettre de réduire votre exposition et celle de vos proches.

Même si la question de la santé publique est cruciale, d’autres raisons nous ont poussé à rejeter les projets de compteurs communicants :

– les compteurs communicants, bien que prétendus « intelligents », sont aisément piratables. Bien sûr, les installateurs assurent que tout est « parfaitement sécurisé », mais l’actualité montre que des systèmes supposés être encore bien plus « sécurisés » (banques, ministères, etc) sont régulièrement pris en défaut.

– les promoteurs des compteurs communicants prétendent qu’ils permettront de faire des économies d’énergie dont la réalité est fortement contestée par les associations. D’ailleurs, ce serait bien la première fois que des sociétés qui vivent de nos consommations nous inviteraient à réduire leurs profits.

– l’installation massive de compteurs communicants est prétendue indispensable pour le développement des énergies renouvelables en France, mais l’installation généralisée de tels compteurs a été abandonnée par l’Allemagne, alors que ce pays développe beaucoup plus massivement les énergies renouvelables.

– les compteurs communicants, s’ils sont installés, permettront aux opérateurs de recueillir d’innombrables données sur notre vie privée, utilisables à des fins commerciales mais aussi de surveillance et de remise en cause des libertés publiques.

Il apparaît que, contrairement à ce que prétendent les opérateurs, les programmes de compteurs communicants ne bénéficieront aucunement aux usagers mais bien aux sociétés commerciales qui préparent déjà leurs « offres » (payantes) ainsi que des projets fort contestables comme « l’Internet des objets ».

Les communes sont des organismes de service public dont l’objet est de servir la population et de la protéger, elles ne sauraient être instrumentalisées au profit d’intérêts commerciaux.

Notez enfin que les compteurs actuels fonctionnent tout à fait correctement et que leur non remplacement par des compteurs communicants ne pose donc aucun problème. Il est par ailleurs possible depuis longtemps de signaler à votre fournisseur, par téléphone ou par le web, la consommation réelle affichée par votre compteur, de façon à éviter toute surfacturation due à une estimation imprécise.

***********************************************************************************

Quelques mesures simples pour réduire votre exposition aux ondes électromagnétiques

Il serait cohérent d’accompagner le refus des compteurs « communicants » par des mesures permettant de réduire votre exposition aux différentes sources d’ondes électromagnétiques :

– Déconnectez les wi-fi (wi-fi personnel et wi-fi communautaire) : la plupart des box comportent un bouton à cet effet. Vérifiez que le modèle de votre box n’émet pas un wi-fi communautaire. En cas de doute, contactez votre opérateur pour connaître la marche à suivre. A la place du wi-fi, vous pouvez relier votre box à un appareil (ordinateur, boîtier de télévision, etc) avec un câble Ethernet blindé RJ45.

Il en existe de très longs que vous pouvez ainsi faire passer derrière des meubles pour ne pas occasionner de gène dans votre logement. La réception des données sera d’ailleurs bien plus fiable qu’avec le wi-fi.

– privilégiez un téléphone fixe avec fil à un téléphone sans fil « DECT ».

– selon le type de votre box, désactivez le mode « DECT ».

– utilisez votre téléphone fixe chaque fois que c’est possible.

– branchez votre oreillette ou bien utilisez votre téléphone portable en mode haut-parleur.

– écartez vous de votre micro-ondes quand il fonctionne.

Pour plus d’informations, consultez les sites web de différentes associations :

http://www.robindestoits.org http://www.priartem.fr http://www.criirem.org , etc

Partager

RER : RATP- SNCF. Plutôt la coopération qu’une concurrence libre et faussée

RER : RATP-SNCF. Plutôt la’coopération qu’une concurrence libre et faussée

Alors que le pic de pollution permettait à des milliers d’usagers de bénéficier de la gratuité du transport dans le RER, des incidents à répétition sur la ligne B du RER les en ont privés une bonne partie de la journée. Mais que se passe-t-il dans les RER ? Continuer la lecture de « RER : RATP- SNCF. Plutôt la coopération qu’une concurrence libre et faussée &rquo;

Partager

CAP SUR LA GESTION PUBLIQUE

Dans nos villes, l’eau qui coule des robinets est le plus souvent gérée par des multinationales de l’eau : VEOLIA ou SUEZ Lyonnaise. Avec la création de la Métropole du Grand Paris et des Établissements Publics Territoriaux (EPT), une possibilité existe pour que la gestion de cette eau revienne au publique… si les élus le décident. Continuer la lecture de « CAP SUR LA GESTION PUBLIQUE &rquo;

Partager

La France insoumise doit se réveiller

Partager